Portraits

Podcast : Olivier de Kersauson

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Cet homme est l’objet d’une colossale méprise. Ce marin d’exception est trop souvent enfermé dans un rôle de farceur médiatique, de comique de radio, d’amiral d’opérette. Ce prince de l’humour et de la poésie ne renie pas sa carrière de facétieux des ondes… radiophoniques. Elle lui a donné la clé de sa liberté. Ses cachets d’artiste ont financé ses vies de marin. De marin libre.

Olivier de Kersauson n’a pas reçu le baptême du grand large des mains d’Éric Tabarly, comme tant de coureurs de sa génération et des suivantes. Mais sa vie a pris sa dimension épique au contact du plus célèbre des skippers français. Il convoyait des voiliers depuis des mois quand Tabarly l’a aspiré dans le tourbillon de l’épopée Pen Duick. De là est venue sa passion pour les aventures maritimes hors normes, pour les traversées océaniques non codifiées, pour les tours du monde en solitaire ou en équipage, avec ou sans escale. Manœuvrier hors pair sur le pont des grands bateaux, Kersauson n’est jamais devenu un pilote professionnel de formule Un nautique. Il est resté ce qu’il était : un skipper romantique capable de défis fous.

Cet amoureux de la mer et des bateaux -de tous les bateaux, qu’ils soient à voile ou à moteur- a tenu son cap. Il a emprunté sa route à lui, au large des parcours imposés, au loin des plans de carrière. Il a sillonné tous les océans du monde, doublé des caps redoutables, exploré des rivages inconnus, battu des records impossibles.

Une heure durant, pour le Musée de la Plaisance, Olivier de Kersauson a confié sa vision de la mer, des marins et des bateaux. Sa vision de la vie, en somme.

Olivier Péretié

« Fortune de Mer », publié en 1976, fut un best-seller en dépit du fait qu’il raconte un fiasco : une course autour du monde qui ne réunit que quatre bateaux, un duel annoncé entre les deux favoris (dont le Kriter II commandé par Olivier) qui tourne court à mi-parcours parce que Kriter II perd son safran… Mais ce livre raconte en fait autre chose qu’une course : l’incroyable épopée d’un équipage de bras-cassés et de leur skipper aussi génial, charismatique que tyrannique !

« Mémoires Salées » (1985) est l’autobiographie ébouriffante d’un grand marin qui a acquis une célébrité hors norme en étant aussi l’une des vedettes de l’émission de radio « Les Grosses Têtes ».
« Vieil Océan » (1990) est le récit poignant d’un tour du monde record de 125 jours, en solitaire et en multicoque.
« Homme Libre » (1994) raconte le duel épique que se sont livrés Olivier de Kersauson et Peter Blake pour la conquête du Trophée Jules Verne, le record du Tour du Monde à la voile sans escale. Olivier de Kersauson a échoué mais le récit demeure passionnant !
« Tous les océans du Monde » (1997) raconte la revanche d’Olivier de Kersauson et de son équipage, leur lutte épique pour ravir à Peter Blake le Trophée Jules Verne. Avec un nouveau record à la clé.
« Ocean’s Song » (2008), ouvrage mi-poétique, mi-philosophique, mi-géographique, permet à Olivier de Kersauson de décrire les mers et océans du monde qu’il laboure depuis des décennies comme nul autre ne sait le faire.