Podcast : Thomas Coville, Esthétique de la vitesse
La voile française est entrée dans l’univers des très hautes vitesses. Pour s’emparer du Jules Verne, faute d’une météo idéale, Thomas Coville n’a eu d’autre choix que d’allonger sa route de plus de 5000 milles (9000 km). C’était la seule façon d’éviter les calmes, les vents contraires ou les mers les plus dangereuses. Il a ainsi bouclé le tour de la planète mer à une vitesse stratosphérique : près de 60 km/heure de moyenne (sur sa trace). Soit sur plus de 50 000 kilomètres. Avec la seule force du vent.
Vue de terre, cette moyenne pourrait paraître modeste. Mais, pour donner une idée aux terriens des tortures qu’une telle vélocité inflige en mer, il faudrait multiplier cette performance par quatre ! Imaginez tenir, de jour comme de nuit, les 240 km/h sur une piste non goudronnée… pendant un mois et dix jours.
Douze fois cap-hornier, recordman du tour du monde en solitaire (battu depuis par François Gabart) et maintenant en équipage, nanti d’un palmarès exceptionnel en courses océaniques, Thomas Coville est l’un des marins les mieux placés au monde pour décrypter cette extraordinaire révolution : les voiliers vont deux à quatre fois plus vite qu’avant. Mais pour ce champion, la vitesse reste avant tout une esthétique.